Sciences fondamentales

Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 20:12

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Super Kamiokandé

"La quantité de réalité la plus infime jamais imaginée par un être humain" Frederick Reines

 

L

a collaboration OPERA avait annoncé un peu imprudemment ou tout au moins prématurément que les neutrinos voyageaient plus vite que la lumière, ce qui remettait sérieusement en cause la théorie de la relativité restreinte.

Mais qui sont ces neutrinos qui auraient la velléité de défier Einstein ?

D’abord une particule qui remplit littéralement l’univers.

Chaque seconde, 65 milliards de neutrinos traversent l’ongle de notre petit doigt et le seul corps humain émet chaque jour la bagatelle de 340 millions de neutrinos qui partent jusqu’au fin fond de l’univers.

Le 23 février 1987 à 7h35 nous avons été traversés par quelques millions de milliards de neutrinos en 10 secondes émis il y a 150 000 ans par l'explosion d'une supernova dans le Grand Nuage de Magellan.

Les neutrinos sont d’abord nés de l’esprit créatif de Wolfang Pauli, le 4 décembre 1930, dans une lettre envoyée aux "Liebe radioaktive Damen und Herren" participants à une conférence se tenant à Tübingen auquel il ne pouvait participer parce qu’il devait assister à un bal dans la nuit du 6 au 7 décembre à Zurich.

Dans sa lettre, Pauli présente sa découverte comme un "remède désespéré au sauvetage du théorème d’échange de la statistique et de la loi de conservation de l’énergie […] la possibilité qu’il existe dans le noyau des particules électriquement neutres de spin1/2, obéissant au principe d’exclusion et dont la masse devrait n’être en aucun cas supérieure à 0.01 masse de proton".

Le pari était audacieux car si chaque fois qu’un physicien n’arrivait pas à résoudre un problème il inventait une particule élémentaire, leur nombre serait aujourd’hui incalculable !

En 1933, Enrico Fermi baptise la particule prédite par Pauli neutrino (petit neutron en italien) et il l’incorpore à une théorie de l’interaction faible.

Il faudra attendre 25 ans pour que le neutrino soit enfin déniché pour la première fois après des mois d’observation à raison de trois neutrinos à l’heure.

Le 15 juin 1956 Clyde Cowan et Frederick Reines, qui avaient placé deux réservoirs de 200 litres pleins d’eau et de chlorure de cadmium à 11 mètres de distance du centre du réacteur nucléaire de Savannah River (Caroline du Sud) pouvaient envoyer à Wolfang Pauli un radiogramme annonçant leur découverte.

Pourquoi une particule aussi présente dans l’univers a-t-elle été si difficile à détecter ?

C’est que sa masse encore inconnue mais pratiquement nulle et l’absence de charge rendent impossible sa détection directe.

Pour voir un neutrino il faut en quelque sorte constater les "dégâts" qu’il produit en entrant en collision avec une autre particule et les routes de l’univers sont encore moins chargées que celles du Sahara.

La première mesure des neutrinos d’origine solaire est due à Ray Davis et John Bacall qu’ils font en enfouissant en 1964 un réservoir contenant 600 tonnes de détergeant dans la mine d’or d’Homestake située dans le Dakota du sud pour que les rayons cosmiques n’interfèrent pas avec leurs mesures.

Les premiers résultats, publiés en 1968, ainsi que les suivants (Kamiokandé en 1989 au Japon, IMB en 1990 aux États Unis, Gallex en Italie et Sage en Russie en 1995, superKamiokandé en 1996) sont obstinément très inférieurs aux prévisions.

Pour comprendre pourquoi les mesures de neutrinos solaires ont toutes donné des résultats inférieurs que les prédictions du modèle solaire, il faut d’abord savoir qu’il existe en fait trois types de neutrinos que l’on appelle des "saveurs" bien que personne n’est jamais pu "gouter" un neutrino.

Celui émit par le soleil est la contrepartie d’un électron et s’appelle donc neutrino électronique.

C’est celui-ci dont Pauli avait eu l’intuition et que C. Cowan et F. Reines ont découvert en 1956.

En 1962, Leon M. Lederman, Melvin Schwartz et Jack Steinberger dénichent le neutrino muonique et lorsque Martin Perl découvre en 1975 un troisième type de lepton, le tau, la théorie veut qu’il doive être associé, comme ses frères l’électron et le muon, à un neutrino dit tauique.

La première détection de neutrinos tau n’a été annoncée qu’à l’été 2000 par la collaboration DONUT au Fermilab, ce qui en fait la dernière des particules du modèle standard d'avoir été directement observée.

En 1989 les mesures faites sur le LEP, nouveau collisionneur de particules du CERN, permettent d’affirmer qu'il n'existe que trois familles de neutrinos. 

L’existence d’au moins deux types de neutrinos avait déjà été proposée par le physicien d’origine italienne Bruno Pontecorvo dès 1957.

L’histoire de Bruno Pontecorvo ressemble à un roman d’espionnage.

Il fut d’abord un assistant d’Enrico Fermi et probablement un espion de l’ex union soviétique.

Le 31 Août 1950, il quitte brusquement l’Italie pour Stockholm avec femme et enfants pour passer via la Finlande en URSS où il finira sa carrière.

Bruno Pontecorvo avait émis l’hypothèse que, si les neutrinos possédaient une faible masse, ils pouvaient osciller en se transformant les uns dans les autres au cours du temps.

Cette hypothèse d’oscillation des neutrinos servira à expliquer le déficit des neutrinos solaires.

Ce n’est qu’en juin 2001 que la collaboration SNO (Sudbury Neutrino Observatory) fournit la solution de l’énigme des neutrinos solaires.

L’expérience située au Canada à 2 kms de profondeur met en jeu un détecteur immergé dans un réservoir de 30 m de haut capable de détecter les "saveurs" des neutrinos qui interagissent avec l’eau lourde qu’il contient alors que les précédentes expériences ne mesuraient que les neutrinos électroniques.

Les résultats publiés en 2002 confirment ceux des expériences précédentes pour les neutrinos électroniques mais montrent que des neutrinos muoniques et tauiques sont également présents à part égale ce qui rend le nombre total de neutrinos conforme au modèle solaire pour autant que l’on admette la possibilité d’oscillations et donc l’existence d’une masse pour les neutrinos.

L’expérience japonaise Kamland confirme les résultats de l’expérience SNO et Super kamiokandé a aussi prouvé que les neutrinos sont massifs bien qu’on ne mesure que la différence de masse et non pas les masses en absolu.

Aujourd’hui, il n’existe pas de "preuve" directe de l’oscillation des neutrinos

Et c’est là que l’on revient à l’expérience OPERA qui a justement pour but de démontrer qu’une partie des neutrinos muoniques oscillent durant les 2,5 millisecondes de leur parcours d'environ 730 kilomètres et deviennent des neutrinos tau.

En Juin 2010, après trois ans d’enregistrements, les chercheurs d’OPERA ont fini par observer une réaction convaincante avec l’apparition d’une particule tau pouvant découler du phénomène d’oscillation des neutrinos mais ce résultat demande à être confirmé.

L’expérience se poursuit donc et c’est en mesurant la durée de ce parcours que les chercheurs d’OPERA sont tombés en septembre 2011 sur l’anomalie aujourd’hui objet de vérification de neutrinos supraluminiques qui bouleverserait les fondements même de la théorie de la relativité.

Les neutrinos n’ont donc pas fini de jouer les facétieux avec les savants !

N’y a-t-il pas meilleure illustration pour les définir que l’oxymore de Corneille dans le Cid "cette obscure clarté qui tombe des étoiles" comme conclut Daniel Vignaud dans sa conférence.


Patrice Leterrier 

12 Mars 2012

 

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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 23:21

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E 

n 1927, l’université de Cambridge compte parmi ses étudiants un certain Paul Adrien Maurice Dirac.

Il est le fils de Charles Dirac dont la famille est originaire du petit village de Dirac en Charente.

Ce jeune homme gauche, timide mais incroyablement brillant n’a alors que 25 ans.

Il a l’intime conviction que toute loi physique fondamentale doit avoir une beauté mathématique.

Il cherche avec acharnement celle qui permettrait de faire la synthèse des lois de la mécanique quantique et celles de la relativité restreinte.

Il parvint, en 1928, à modéliser une équation unique qui décrit ce qu'il se passe au cœur d'une particule atomique se déplaçant à une vitesse proche de celle de la lumière.

Mais son équation à deux solutions dont une décrit les particules élémentaires mais l’autre des particules identiques en tout point sauf la charge électrique.

L’électron, la plus élémentaire des particules, aurait donc un double dont Dirac prévoit l’existence en 1931 et qu’il appelle positron.

Et l’incroyable se produit !

A peine un an après, le physicien américain Carl David Anderson, alors âgé de 26 ans, découvre, sur les photographies de sa chambre à brouillard, la trace d’une particule ayant les mêmes caractéristiques que l’électron mais déviée en sens inverse par un champ magnétique : le positron de Paul Dirac est observée après qu’elle ait été prédit par son génie.

Depuis Matière et antimatière font fantasmer les chercheurs et les amateurs de sciences fictions.

Certains auteurs sont allés jusqu’à imaginer des anti-univers déroulant le même film en quelque sorte à l’envers que celui de l’univers.

Mais, si Andreï Sakharov a raison, toute l’antimatière aurait disparu à l’origine c'est-à-dire au moment du big bang et l’univers n’existerait qu’à cause d’une légère dissymétrie entre la matière et l’antimatière.

Petite cause grand effet puisque ce serait cette légère différence qui ferait qu’il existe quelque chose vulgairement appelé l’univers plutôt que rien !

La revue Nature du 7 mars 2012 publie une communication de la collaboration Alpha du laboratoire européen de physique nucléaire implantée au CERN de Genève.

Elle relate ses derniers progrès dans l’étude de l’antimatière.

Moins médiatique et beaucoup plus prudent dans ses déclaration que ses collègues de la collaboration Opéra - dont on se souvient des annonces tonitruantes de neutrinos soi-disant supraluminiques - , Jeffrey Hangst, porte-parole de la collaboration ALPHA déclare sobrement "Nous avons prouvé que nous pouvons sonder la structure interne de l’atome d’antihydrogène" 

Dans son émission Science publique, Michel Alberganti Journaliste scientifique assisté de Dominique Leglu directrice de la rédaction de Sciences et Avenir interrogent Etienne Klein physicien au CEA, professeur à l’Ecole centrale à Paris, Niels Madsen membre de l’équipe Alpha et Michel Spiro président du conseil du CERN sur ce que peut nous apprendre l’antimatière.

Leurs réponses à la fois passionnantes et fascinantes donnent un peu le vertige tant de si faibles quantités d’antihydrogène fabriquées à des températures si proche du zéro absolue et suspendues dans le vide peuvent être porteuses de tant d’espoir dans la compréhension du pourquoi l’univers existe.

Ce pourquoi, qui n’a rien de métaphysique, fait partie d’un des trois grands mystères de l’univers (l’absence antimatière, l’existence de la matière noire et l’existence d’une énergie du vide) sur lesquels les scientifiques butent encore.

On se prendrait à rêver sur les possibilités vertigineuses que pourraient offrir cette antimatière si Niels Madsen ne nous ramenait vite à la raison en précisant qu’il faudrait une durée équivalente à vingt fois la vie de l’univers pour fabriquer un gramme d’antimatière.

"Désormais qu’il est possible de concevoir des expériences permettant de mesurer avec précision des antiatomes" affirme le porte-parole d’Alpha.

Quel merveilleux roman policier dont on attend avec impatience les rebondissements et qui nous plonge, en quelque sorte, dans l’instant initial de l’univers si ce terme à un sens.


Patrice Leterrier 

9 Mars 2012

 

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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 14:59

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G

rosse bourde possible des chercheurs du programme OPERA qui avaient annoncé en septembre dernier la nouvelle sensationnelle de neutrinos plus rapides que la lumière !

On se souvient qu’ils ébranlaient ainsi l’un des piliers de la théorie de la relativité qui, dans le même temps, trouvait une confirmation bien plus confidentielle avec la vérification du décalage vers le rouge de la lumière des galaxies dû à la gravité faite par Radek Wojtak et ses collègues de l’Université de Copenhague.

La nouvelle de la mesure potentiellement erronée de la vitesse des neutrinos est annoncée d’abord dans la revue Science.

Elle doit sans doute faire jubiler nos amis américains jaloux d’être surpassés par le LHC et la fermeture du Tevatron, l’accélérateur du Fermilab.

Deux sources possibles d’erreurs ont été détectées : D’une part une dérive d’une ampleur inconnue de l’oscillateur censé synchroniser les signaux GPS et d’autre part un possible problème de connexion de la fibre optique de 8 km reliant un GPS à la carte électronique du détecteur OPERA.

Dans le même temps, des chercheurs du Fermilab viennent de publier une nouvelle mesure de la masse du boson W avec une précision jamais atteinte auparavant qui permettra peut-être de faciliter la recherche du fantomatique boson de Higgs qui continue à se cacher malgré les efforts incessants des chercheurs du LHC.

Aujourd’hui si on tape "neutrinos vitesse de la lumière" sur google on obtient 15 900 résultats alors que "masse boson W" n'en donne que 4 et "découverte boson de higgs" en donne 9!

On voit le rôle d'amplificateur exponentiel d'internet qui semble directement lié au caractère sensationnel d'une découverte.

La course à l’événement en vogue aujourd’hui semble faire oublier aux scientifiques leur déontologie et la rigueur de l'approche scientifique qui veut qu'une expérience unique qui contredit une théorie largement confirmée par ailleurs doit être méticuleusement vérifiée et revérifiée avant que l’on se lance dans des supputations certes porteuses d’audience mais qui risquent d’être très vite contredites.

En septembre 2011, le porte parole d’OPERA, Antonio Ereditato, de l’Université de Berne (Suisse), déclarait triomphant sur le site du Cern : "après des mois d’études et de recoupements, nous n’avons découvert aucun effet dû aux instruments qui pourrait expliquer le résultat de la mesure." 

Il ajoutait, comme une forme de défi au monde scientifique "Les chercheurs de la collaboration OPERA vont poursuivre leurs études, mais nous attendons également avec impatience des mesures indépendantes qui permettront d'évaluer pleinement la nature de cette observation."

Il est troublant de constater que "malgré des mois d’études et de recoupements" la dérive possible d’un oscillateur et une mauvaise connexion entre un GPS et un ordinateur n’aient pas été décelées avant !

Nul doute que les antisciences toujours à l’affut de la moindre faute profiteront de cette bourde, qu’elle soit confirmée ou non, pour jeter un peu plus le discrédit sur d’autres résultats comme, au hasard, la source anthropique du réchauffement climatique.

La responsabilité de ce tam-tam assourdissant est partagée entre les scientifiques tellement pressés de faire des annonces et la presse (scientifique ou pas) naturellement toujours à l'affut d'une nouvelle sensationnelle oubliant quelquefois plus ou moins volontairement la vérification scrupuleuse des sources et des attendus souvent prudents mais pas toujours très lisible d'un communiqué scientifique.

La question reste comme toujours "à qui profite le crime" même s'il ne s'agit pas ici de crime et on retrouve en l’occurrence la recherche effrénée d’audience et la course incessante aux crédits des scientifiques!

Attendons donc les nouvelles mesures mais si les erreurs sont confirmées, c’est en quelque sorte dommage puisque ces neutrinos supraluminiques ouvraient de nouvelles voies de recherche.

Entre temps le boson de Higgs sera peut-être démasqué et je suis curieux par avance du nombre de réponse que cette nouvelle donnera sur google.


Patrice Leterrier 

25 février 2012


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Par Patrice Leterrier - Publié dans : Sciences fondamentales
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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 20:19

MilkyWay-Kepler-cRoberts


J

ohannes Kepler est né en 1571 à Weil der Stadt, ville du Bade-Wurtemberg, non loin de la frontière française.

Il était issu d’une famille protestante luthérienne, fils d’un père mercenaire et d’une mère "petite, maigre, sinistre et querelleuse" qui fut accusée de sorcellerie.

Il contracta à l’âge de 3 ans la petite vérole qui le laissa presqu’aveugle ce qui ne l’empêcha pas de passer sa vie la tête dans les étoiles..

Il est connu pour avoir repris la thèse héliocentrique de Nicolas Copernic et surtout pour ses fameuses lois de Kepler qui décrivent les orbites elliptiques des planètes autour du soleil.

Il méritait de la postérité que la NASA donne son nom à la sonde lancée le 6 Mars 2009 pour scruter un minuscule cône l’univers à la recherche d’une hypothétique mais probable exoterre.

La précision de son puissant récepteur, doté de 95 millions de pixels, lui permet  de détecter l'infime baisse de luminosité provoquée par le passage devant son étoile d'une planète similaire à la Terre.

Hier la Nasa a organisé une conférence internationale pour faire le point sur les apports de la sonde Kepler qui, en quelques mois, a déjà permis de découvrir des phénomènes qui n’avaient jamais été observés auparavant.

Mais cette merveille de technologie ne se contente pas de scruter le ciel de son œil puissant à 42 facettes, elle écoute aussi le chant des étoiles dont la tessiture va de celle du violon pour des astres de la taille du soleil jusqu’à celle de l’octobasse pour la sous-géante KIC11026764 âgée de 6 milliards d’années (2 de plus que le soleil) et qui mesure deux fois la taille de notre astre.

L’ensemble de ces vibrations donne une étonnante symphonie d’une force évocatrice saisissante et qui n’a rien a envier par exemple aux cartes célestes d’Almedia Prado.

Mais cette musique n’a pas qu’un côté artistique. Elle permet aux astronomes de mesurer le rayon d'une étoile à quelques pour cent près.

Kepler a déjà écouté les plus ou moins douces mélodies de plus d'un millier de géantes rouges ayant de quelques à plusieurs dizaines de fois la taille de notre astre.

Les géantes rouges sont le stade final de l'évolution d’une étoile. Dans environ 6 milliards d'années, le soleil se transformera en une géante rouge.

Dans son voyage sidéral la sonde donne aux astronomes une vision du devenir du soleil comme une sorte de retour vers le futur.

Peut-être que dans sa quête d’une planète habitable (ce qui ne veut évidemment pas dire automatiquement habitée) elle nous renverra des vibrations ne devant rien à la conversion de l’hydrogène en hélium mais issues de la composition d’un exoMozart.

En attendant on pourra toujours rêver en regardant le ciel qui continue son expansion même si l’éternité doit avoir des limites.


Patrice Leterrier

27 Octobre 2010

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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 23:02

LHC

Le grand Collisionneur de Hardons

G

 

enève, 30 mars 2010 13h06 : des faisceaux de particules sont entrés en collision à un niveau d’énergie jamais atteint auparavant de 7 Tev, c'est-à-dire 7 mille milliards de fois l'énergie contenue dans un grain de lumière.

Ainsi, après des années de difficultés, était donné le coup d’envoi du programme de recherche du grand collisionneur de Hadrons (LHC) du CERN, un espoir immense dans la compréhension des lois fondamentales de l’univers.

Près de 8 000 physiciens des particules- la moitié du total mondial - participent aux expériences du CERN. Ils viennent de 580 institutions et de 85 nationalités.

Explosion de joie et fierté légitime des chercheurs européens qui dament ainsi le pion à leur collègues américains obligés de se contenter du Tevatron du Fermilab qui culmine à 1 Tev.

Et l’aventure ne fait que commencer puisque, d’ici 2012, la puissance du LHC sera doublée.

Le LHC c’est un immense anneau de 27 kilomètres de long installé à 100 mètres sous terre se moquant des frontières entre la France et la Suisse.

À l’intérieur règne un champ magnétique, près de 175 000 fois plus intense que celui de la Terre (8,3 teslas), qui permet de guider les protons sur leur trajectoire.

Un système cryogénique à l’hélium liquide porte le tout à une température de –271,3°C proche à moins de 2/10 de degré du zéro absolu.

À plein régime, chaque tube du LHC contiendra plus de 2 000 paquets de cent milliards de protons entrainés dans une ronde infernale à 99,999 % de la vitesse de la lumière qui feront plus de onze mille fois le tour de l’anneau en seulement une seconde.

Yves Sirois, physicien au CNRS qui se présente comme un chasseur acharné du boson de Higgs, prédit qu’avec ce programme, "il ne peut qu'émerger dans la décennie qui vient un bouleversement scientifique profond" dont le graal serait la confirmation expérimentale de l'existence du boson de Higgs ou du très recherché neutralino dont la découverte bouleverserait le modèle standard de la physique et résoudrait l'énigme de la matière noire.

L’existence hypothétique et apparemment indétectable de ce côté obscur de la matière, expliquerait notamment le fait observé dans les années 70 par Vera Rubin que les étoiles situées à la périphérie de la galaxie d’Andromède — comme pour d’autres galaxies spirales — semblaient tourner trop vite.

Il est assez vertigineux de penser qu’il faille que l’homme essaye de reconstituer dans l’infiniment petit les toutes premières nanosecondes de la naissance de l’univers il y a plus de 13,75 milliards d’années pour comprendre l’infiniment grand de notre univers en perpétuelle expansion et dont il semblerait que la plus grande partie échappe désespérément à nos observations.

Au fond il en est un peu de l’univers comme de l’âme humaine dont nous ne pouvons sonder qu’une infime partie de la complexité malgré les découvertes stupéfiantes des neuroscientifiques qui ne cessent de reculer les frontières de la connaissance sans aucun espoir de pouvoir un jour dénouer la complexité des milliards de connexions qui bouillonnent dans nos cranes…


Patrice Leterrier

31 mars 2010

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Merci à Bernard d'avoir relever mes erreurs de chiffres inacceptables!

Je crois que les autres sont corrects....

Par Patrice Leterrier - Publié dans : Sciences fondamentales
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