Partager l'article ! Un petit verre avant le test ?: N ...
"La vérité émerge plus facilement de l'erreur que de la confusion" Francis Bacon
"Le moyen d'ennuyer est de vouloir tout dire" Voltaire
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ous rentrons de quinze jours de vacances en Guadeloupe où ma consommation de boissons alcooliques à base de distillation de canne à sucre a largement dépassé ma moyenne annuelle ce qui entrainera un écart type considérable.
L’écart type sera en quelque sorte en relation directe avec la distance qui sépare mon domicile habituel de cette île au vent qui vit encore fortement dans le souvenir de l’effroyable répression lors de rétablissement brutal de l’esclavage par les troupes Napoléoniennes commandées par les généraux Antoine Richepance et Jacques Nicolas Gobert en 1802.
Rentrant pour subir un écart thermique de plus de 30°, j’ai résisté à la tentation de compenser cette différence saisissante au sens propre en absorbant du rhum de 50° puisqu’il est maintenant clairement établi que la consommation d’alcool n’est pas un moyen efficace pour se réchauffer le corps mais juste le contraire.
Il est par contre bien connu qu’elle peut entrainer une désinhibition conduisant à un état d’euphorie et d’excitation.
Cela se traduit chez certains par une logorrhée envahissante et un échauffement de la conversation conduisant à une élévation sensible du niveau de décibel sortant de la bouche d’une personne ayant largement dépassée la dose autorisée par la législation française pour conduire une véhicule automobile.
Ce phénomène est constatable sous toutes les latitudes mais il prend une ampleur toute particulière aux Antilles où la conversation sans apport de Rhum génère déjà un niveau sonore qui fait croire aux "métros", que nous sommes, qu’il s’agit de débats enflammés alors même que les impétrants n’en sont encore qu’aux préliminaires de leurs échanges.
A dose plus importante, elle peut également entrainer une démarche hésitante voire sinueuse, des difficultés d’élocution, des propos incohérents puis des nausées et des vomissements avant de provoquer à plus forte dose un état léthargique communément appelé coma éthylique.
Tout cela est bien connu mais ce qui est plus surprenant c’est d’apprendre que selon Andrew Jarosz de l'Université de l'Illinois à Chicago, l’alcool peut entrainer une amélioration sensible dans la résolution de problème mettant en cause l’agilité verbale comme par exemple la recherche d’un mot complétant une série de mots.
Les personnes ayant un taux d’alcoolémie juste en dessous de la limite du taux légal (0,8 g/l aux États unis contre 0,5 en France) étaient plus nombreuses que des personnes sobres à trouver les solutions (9 solutions sur 15 problèmes contre 6 pour les personnes sobres) et, de plus, trouver les solutions en moyenne plus vite (11,5 secondes contre 15,2 secondes pour les personnes sobres).
Le même phénomène est constaté pour des personnes n’ayant pas récupéré leur sommeil.
La raison serait que l’état d’ébriété ou de semi somnolence diminuerait notre capacité de concentrer notre attention vers des associations efficaces sans se laisser polluer par des associations plus hasardeuses.
Mais justement certains de ces problèmes ne sont bien résolus qu’en imaginant des associations improbables ce que l’état d’ébriété légère ou de semi somnolence favoriseraient.
Remarquez tout de même que le niveau d’alcoolémie des participants au test n’est pas considérable, puisqu’il correspond environ à trois verres de l’alcool de votre choix, même si cette dose interdit en France de conduire son véhicule.
Je doute cependant que ces résultats n’entrainent le remboursement par l’éducation nationale d’une rasade avant examen…
Patrice Leterrier
13 février 2012