Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 11:32

puce  

letttrine L’évolution biologique de l’homme a mis des millions d’années pour produire homo sapiens, dont on peut d’ailleurs douter aujourd’hui de la sagesse.
Le premier téléphone portable est apparu  en 1983 (le Motorola DynaTAC 8000X).
A fin 2010, soit moins de 30 ans après son apparition, il y aurait, d’après les estimations de l’UIT, 5,3 milliards d’abonnés à la téléphonie mobile, dont 3,8 milliards dans le monde en développement.
La première page web a été crée le 6 Août 1991.
Aujourd’hui, vingt ans plus tard, il y a plus de deux milliards d’internautes et le nombre de pages web est estimé à plus 1 000 milliards alors que le cerveau comprend environ 100 milliards de neurones.
Certes les pages du web, avec en moyenne 60 liens par page, ont 100 fois moins de "synapses internet" que le cerveau humain mais ce dernier ne double pas ses capacités en quelques années comme le web.
La technologie de base quant à elle double sa puissance tous les deux ans (loi de moore) comme les nénuphars qui, mettant un an à couvrir la moitié d’un lac, le recouvrent complètement en un an et un jour.
Même si certains mettent en doute la poursuite de cette progression, qui se vérifie pourtant depuis le début des années 1970, le fait est que le moindre téléphone portable d’aujourd’hui a une puissance de calcul infiniment supérieure à celle des ordinateurs universels qui demandaient d’énormes systèmes de refroidissement et occupaient d’immenses salles il n’y a pas si longtemps.   
Gary Kasparov a d’abord eu un regard goguenard face aux ridicules performances des premiers jeux d’échecs sur ordinateur mais il a finalement été battu par l’IBM Deep Blue le 11 mai 1997, même s’il a contesté sa défaite.
Que dire de la mine des candidats désappointés du célèbre jeu Jeopardize battus par l’IBM Watson le 21 février 2011.
Au-delà de la performance ludique, il y a en vue de formidables applications futures notamment dans le domaine de la santé.
L’IBM Watson avait une puissance de 80 teraflops soit 80 fois plus que Deep Blue.
Mais l’IBM Watson est un nain à coté du champion du monde, le supercalculateur K de Fujitsu, qui a battu son propre record de puissance en atteignant pour la première fois les 10 pétaflops soit plus de 100 fois la puissance de l’IBM Watson.
IBM a d’ores et déjà annoncé qu’il travaillait sur un superordinateur de 20 pétaflops
Ce qui nous parait aujourd’hui comme la frontière entre l’homme et la machine risque donc fort de non seulement ne plus exister mais même être complètement dépassé par les progrès de la technologie.
Henri Bergson disait qu’il était plus pertinent d’appeler notre espèce homo faber plutôt qu’homo sapiens.
Il avait déjà raison à son époque mais c’est encore plus vrai de nos jours.
Dans un prochain futur, la puissance inexorable des outils que l’homme invente, qui dépasse déjà infiniment ses possibilités de calcul, surpassera probablement ses capacités cognitives.
Si les milliards de lignes de codes, les millions de milliards de mots accumulés dans les bases de données et dans les pages web ne se "stockent" pas dans ce que nous appelons la matière vivante c'est-à-dire la forme la plus évoluée aujourd’hui connue de la complexifi-cation cosmique, ils sont cependant nés de la connaissance et du génie de l’homme et donc une sorte de prolongement de la matière vivante.
Verrons-nous apparaître un jour ce que certains appellent la post-humanité où l’homme, dans l’hypothèse la plus sinistre, ne serait que le chainon "historique" d’une sorte d’"hyperhumanité" ?

 

 
Patrice Leterrier
22 janvier 2012

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Par Patrice Leterrier - Publié dans : réflexions
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