Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 18:27

eaglenebherschel

 

Lettrine-L.jpges astronomes de l’ESA publient de magnifiques images du cœur des Piliers de la création.
Il s’agit d’amas gazeux mesurant la bagatelle d’environ trois années-lumière, immortalisés par le télescope Hubble le 2 Avril 1995.
Ils abritaient, il y a environ 6500 ans,  des zones de formations d’étoiles appelées globules gazeux d'évaporation.
Les données recueillies par ces nouvelles observations suggèrent que l'une des étoiles massives chaudes pourrait avoir explosé en supernova il y a 6000 ans, libérant une onde de choc qui a détruit les piliers.
En raison de la distance, la destruction des piliers ne sera pas visible sur la Terre avant des centaines d'années.
Selon Arnaud Cassan, de l'Institut d'astrophysique de Paris, il y aurait plus de 1000 milliards de planètes dans la seule voie lactée.
Et malgré ce chiffre astronomique (ce qui est en fait sa nature !), rien ne permet de conclure s’il existe des sosies de la terre, aucune trace de planète de masse voisine de celle de notre planète n’ayant été observée.
Devant cette immensité à la fois spatiale et temporelle, nous sommes donc toujours incapables de trancher la question de la place unique ou non de l’homme dans le cosmos.
Partant du scénario hautement probable du passé de l’univers que nous dévoile la théorie du big bang qui fait progresser l’univers de la matière chaotique originelle jusqu’à la forme la plus organisée que nous connaissons aujourd’hui avec l’espèce humaine, Hubert Reeves s’interroge sur cette question, pour conclure qu’"aucune espèce n’a jamais eu d’interaction plus désastreuse avec son environnement naturel" et  qu’"après quelques millions d’années de présence terrestre, notre avenir est aujourd’hui bien incertain".
Il rejoint ainsi les conclusions de la paléontologue Brigitte Senut, qui rappelle qu’"après avoir été un être inféodé à la nature, résultat d’une évolution de plusieurs millions d’années", l’homme est "aujourd’hui, l’espèce la plus invasive et prédatrice de la planète".
Devant la même interrogation, le philosophe Jean-Michel Besnier parle de "conspiration" de la science tendant à dissoudre l’homme dans la nature le réduisant "tantôt à l’animal – un être de pulsion - tantôt au rang de machine – une mécanique bien huilée dont on pourrait expliquer le fonctionnement".
Il conclut que la diversité des réponses démontre, si c’était encore nécessaire, que la question  de la nature même de l’humanité ne peut être élucidée par la science.
Si notre bref séjour dans l’univers ne nous renseigne pas sur le sens de l’aventure humaine, il nous reste cette  conscience de notre "fragilité" dont parle Jean-Michel Besnier qui est le privilège paradoxal de l’homme.
Elle fait de nous des êtres de désir tant que nous restons conscients de nos faiblesses et ouverts sur les autres.
Il ne s’agit pas, pour autant, de réfuter par le doute ou les croyances les modèles scienti-fiques mais bien plutôt de n’attendre de la science que ce qu’elle peut nous donner c'est-à-dire une vision cohérente de la nature dont l’ambition permanente est d’être remplacée ou complétée par une vision encore plus cohérente et explicative.       
Certains diront peut-être "et Dieu dans tout ça ? ".
Laissons donc Dieu là où il doit être, c'est-à-dire dans le domaine des croyances, mais veillons à ce que ces croyances ne se mêlent pas de science pour éviter l’obscurantisme qui avait cours au temps de Galilée…


Patrice Leterrier
18 janvier 2012

Fichier PDF 

Par Patrice Leterrier - Publié dans : réflexions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés