Partager l'article ! Baleine et CO2: ur son blog passeur de sciences, Pierre Barthélémy, conclut un article au titre légèrement provocateur "notre CO2 ...
"La vérité émerge plus facilement de l'erreur que de la confusion" Francis Bacon
"Le moyen d'ennuyer est de vouloir tout dire" Voltaire
ur son blog passeur de sciences, Pierre Barthélémy, conclut un article au titre légèrement provocateur "notre CO2 reporte la prochaine
glaciation" par "même si la Terre se retrouve bientôt dans une configuration astronomique favorable à une glaciation, cela ne modèrera pas pour autant les effets du réchauffement
climatique induit par les activités humaines".
Inévitablement il a ré-ouvert la polémique toujours prête à s’enflammer entre les tenants du RCA (Réchauffement Climatique
Anthropogénique) et le clan toujours aussi virulent des climato
sceptiques.
Ces derniers, dont on peut s’interroger sur les motivations, font, comme les créationnistes, semblant d’ignorer qu’une vérité scientifique n’est pas bâtie
sur des faits isolés, mais sur une convergence de preuves résultant de multiples approches et que réfuter une théorie scientifique – qui se doit d’être réfutable – ne peut se faire qu’en
appliquant une démarche scientifique rigoureuse.
Ils transforment ainsi une question scientifique de la plus haute importance- non pas pour la planète qui en a vu d’autres
("Un geste + un geste et c'est ma Terre qui va mieux" ???) mais pour les espèces vivantes sur la planète (homme compris) - en un problème de croyance, voire de religion.
Sans doute sont-ils aidés par certains extrémistes qui, comme Al Gore, Yann Arthus Bertrand ou encore Nicolas Hulot, ont fait de
ce débat scientifique un fond de commerce hautement lucratif alimenté par la peur qu’ils répandent sans vergogne.
Ne pourrait-on pas, au nom du principe de précaution dont on nous bassine les oreilles pour un oui ou un non et à tort et à travers, justifier la nécessité d’agir plutôt que d’alimenter une polémique
stérile sur l’origine des gaz à effet de serre et leurs rythmes de croissance (bien que les résultats soient plutôt pires que les prévisions dans ce domaine) ?
Ce n'est pas parce qu'on a délocalisé nos émissions de CO2 que nous pouvons donner la leçon aux pays émergeants ou
émergés sur ce sujet.
Cela devient carrément indécent lorsqu’il s’agit de pays pudiquement appelés "en voie de développement" comme on appelle
les paralysés des "personnes à mobilité déduite".
Le site de Wired Sciences a fait paraître un article fort instructif sur l’échec des méthodes actuelles pour essayer de stopper le massacre des baleines qui continue malgré les quotas que l’on essaie d’imposer aux
pêcheurs.
L'économiste de l'environnement Christopher Costello de l'Université de Californie, Santa Barbara et ses collègues les
biologistes Steve Gaines et Leah Gerber, proposent, face à l’échec des méthodes coercitives actuelles, d’instaurer un marché mettant à prix la tête des cétacés et remplaçant ainsi l’injonction
inefficace "vous avez tort" par le plus pragmatique "combien valent-elles ?"
On pourrait d’ailleurs appliquer la même méthode pour le massacre des requins sacrifiés à cause de la valeur sur le marché de
leurs ailerons qui font vivre des populations n’ayant pas d’autres moyens aussi lucratifs de gagner leur vie.
Ainsi si des associations écologistes ou même des particuliers achetaient la totalité des parts, toutes les baleines
seraient épargnées et les baleiniers indemnisés par les primes versées.
Un tel marché pourrait ainsi satisfaire toutes les parties et permettrait simultanément d'améliorer la conservation des baleines,
selon les auteurs de la proposition.
On pourrait avoir la même approche en matière de gaz à effet de serre plutôt que de se présenter comme les bons élèves de la
classe avec nos réductions, qui de toute façon ne pèsent pas lourd dans le bilan global, et de montrer comme nous le faisons trop souvent les "autres" comme des
coupables.
Mais Sartre avait peut-être raison lorsqu'il disait "l'enfer c'est les autres" ou du moins notre égocentrisme nous
pousse-t-il à le croire ...
Patrice Leterrier
13 janvier 2012