Lundi 26 janvier 2009
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Galilée devant ses
juges
onseigneur Richard Williamson, l’un des quatre évêques intégristes dont l’excommunication a été levée par le pape
Benoît XVI, a déclaré à la télévision suédoise "Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les
camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz". Il est évidemment nécessaire de revisiter l’histoire en permanence à la lumière des découvertes. C’est la grandeur
de l’historien de remettre en cause les idées reçues lorsqu’elles se trouvent contredites par des faits nouveaux, des découvertes qui les éclairent d’un nouveau jour. Mais comment expliquer le
négationnisme, que l’on aurait tendance à accueillir d’un haussement d’épaule tellement il apparaît d’abord comme stupide? Aveuglement? Certes non! Le négationnisme est une posture qui n’ignore
pas les faits avérés qu’il conteste. Une posture pour envoyer aux oubliettes l’insupportable vérité? Pas très efficace sur des esprits libres et éclairés car la provocation conduit en fait à
l’effet inverse de celui escompté : elle fait parler encore plus des horreurs que le négationniste nie, ne serait-ce que pour leur donner encore plus d’acuités pour effacer l’opprobre de
ce déni. Le négationniste se drape dans une attitude méprisante et un air supérieur pour ignorer les travaux des historiens qui s’échinent à lui démontrer son erreur. S’agit-il pour lui
d’atteindre ainsi, par provocation obscène, une célébrité dont son absence de talent le prive à jamais ? S’agit-il d’un antisémitisme primaire nourri par une haine viscérale du juif?
S’agit-il d’une incapacité à concevoir et à imaginer la réalité horrible? Ce qui est sûr c’est que le négationniste est une personne à idée fixe, que l’on aurait tendance à considérer comme
atteint d’un trouble mental plutôt que de le prendre au sérieux. Il ne s’agit pas d’explorer la vérité mais d’inventer une vérité en conformité avec son rêve, une sorte d’acte magique qui
s’écarte du réel pour solidifier un idéal inaccessible. Un décrochage avec la réalité au service d’une doctrine. C’est l’inverse de l’approche scientifique, de la démarche expérimentale, si
chère à Claude Bernard, qui met les idées à l’épreuve des faits : le négationniste soumet les faits à la censure de ses idées fixes. Il y a dans son attitude une analogie certaine avec la
tradition de la théologie traditionnelle de l’église. Souvenons-nous de Galilée qui remettait en cause sur la base de l'observation et de l'expérience les théories orthodoxes géocentriques et
qui fut condamné en 1633 par l’inquisition à la raison sa thèse était "naïve et absurde en philosophie, et formellement hérétique en tant que contredisant explicitement le sens de nombreux
passages des Saintes Écritures". Le négationnisme se drape souvent dans sa certitude avec le sourire entendu de l’initié qui contemple le pauvre monde aveuglé par ces énergumènes qui
s’agitent pour lui démontrer son erreur. La liberté de pensée qu’il réclame n’est pas pour entretenir la saine polémique indispensable pour confronter les idées mais pour s’autoriser à nier
l’expérience, les faits, pour imposer une doctrine. Le négationniste est un fossile d’un autre temps qui ne mérite pas qu’on s’attarde sur ses divagations. Mais lorsqu’il revêt la soutane
violette, l’aube, la chasuble, l’étole, qu’il porte la calotte et arbore la crosse, il peut troubler des esprits fragiles impressionnés par son prestige de guide. Il déshonore certainement son
église qui ne se grandit pas avec cette polémique.
Patrice Leterrier
26 janvier 2009
Par Patrice Leterrier
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Publié dans : Société
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Jeudi 22 janvier 2009
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aut-il parler de la pirouette peu crédible de Ségolène concernant la copie dont elle aurait été
victime de la part de Barak Obama? Elle affirme aujourd’hui que c’était "à une question amicalement provocatrice d’un des journalistes
que j’ai répondu de façon humoristique!". Chacun peut juger du procédé qui
consiste à accuser, même indirectement, le journaliste d’avoir déformé sinon ses propos du moins son intention. Le journaliste en question, Sylvain Cypel, du Monde,
explique quant à lui n'avoir "personnellement pas perçu la réponse de Ségolène Royal comme étant de l'humour". Il ajoute "Je peux évidemment m'être mépris, mais la précision sur le
fait qu'elle 'assume' m'est apparue confirmer ma perception". Je pense aussi que l’on peut aussi passer sous silence l’odieuse agression dont aurait été victime Jacques Chirac de la part
de son féroce chien Sumo, un bichon maltais dont la taille ne
dépasse pas 25 cm et le poids plafonne vers 4 kg! Il n’y a non plus pas de vraie raison de s’attarder sur le record de détritus que les services de nettoiement de la capitale américaine ont
récolté à l’issue de la cérémonie d’investiture de Barak Obama. Je préférerai saluer le geste
hautement symbolique du nouveau Président qui annonce la fermeture d’ici un an de Guantánamo, site honteux de non droit pour ce grand pays. Mais la
vraie nouvelle à sensation dont je souhaite vous entretenir aujourd’hui, c’est la décision du tribunal de Nanterre de débouter le Mrap (Mouvement
contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) dans son action contre la société titulaire de la marque Banania pour non-respect d'un accord sur la fin du
slogan publicitaire "Y'a bon". L'association accusait cette société de ne pas respecter un protocole d'accord signé début 2006 avec le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais
(Collectif Dom), qui consacrait l'abandon du slogan "Ya bon" jugé dévalorisant pour les Noirs, bien que la formule -inventée en 1915 pour vanter les
mérites de la boisson chocolatée- ne soit plus utilisée depuis 1977. Ainsi donc le familier tirailleur sénégalais qui était jugé par le collectif "insultants pour les personnes de couleur noire" doit disparaître alors que son image avec celle de la vache qui rit, le bibendum de Michelin, le célèbre dubo, dubon, dubonnet,
l’ineffable trio des peintres Ripolin peignant leur dos, le terrifiant cracheur de feu des cataplasmes Vaillant et bien d’autres encore ramènent certains d’entre nous à l’époque nostalgique où
les réclames ne s’appelaient pas encore la publicité et où certains d’entre nous, dont je faisais parti, collectionnaient des buvards réclames que l’on s’échangeaient, selon une bourse
codifiée, dans les cours de récréation. Bien sûr l’image du tirailleur n’était pas, au premier degré, très flatteuse pour les performances grammaticales du personnage, mais sa bonne bouille
illuminée par un immense sourire était familière aux gamins qui voyaient leurs mères plonger parcimonieusement une cuillère dans la boite en fer blanc et en extraire la quantité juste
suffisante pour donner ce bon goût de chocolat à notre petit déjeuner de l’époque. Je ne suis pas très sûr que le combat mené par le Mrap à l’initiative du collectif des Antillais soit vraiment
un combat essentiel. C’est un peu une image de notre enfance qui s’en va avec cette disparition programmée mais après tout il faut vivre avec son temps et cultiver plutôt l’espoir que la
nostalgie!
Patrice Leterrier
22 janvier 2009
Par Patrice Leterrier
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Mardi 20 janvier 2009
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uis-je vous avouer que je suis presque pris soudain d’une Obamallergie. Car enfin ne nous y trompons
pas! Barak Obama n’est ni un Dieu, ni le christ ni même l’abbé Pierre. C’est un avocat américain ex-sénateur démocrate de l’Illinois qui navigue adroitement dans le marigot politique américain
où il y a beaucoup plus de requins et de barracudas que de carpes. Certes le pire n’étant jamais vraiment décevant, l’Amérique avait touché avec Georges W Bush un tel abysse de médiocrité,
d’erreurs historiques et de cynisme masqué sous un torrent de bons sentiments dégoulinant de morale à trois balles et manichéens à souhait qu’à part l’élection d’un vieillard vétéran rescapé
d’un autre temps – je parle de Mc Cain bien sûr - il ne pouvait vraiment rien arriver de pire aux américains après un tel désastre. Mais pourquoi cet engouement hystérique pour Barak Obama en
France? Parce qu’il a honteusement piqué toutes ses idées à Ségolène Royal comme elle l’affirme dans le très sérieux journal Le Monde? N’en
déplaise à l’ex-futur Présidente, sans faire un crime de lèse royauté, je me permets de dire que je n’y crois pas une seconde. Parce qu’il a un taux de mélanine un peu supérieur à celui d’un
viking? Probablement que la symbolique d’un président métis à la peau noir, un bronzé comme dit par provocation Silvio Berlusconi, joue son rôle
dans cette nouvelle religion épousée sans réticence par les médias. La gueule de bois des lendemains qui déchantent risque d’être à la hauteur de l’engouement fantastique que cette prise de
pouvoir provoque. Chacun attend la petite phrase qui viendra trôner au Panthéon des vérités éclairant l’avenir comme le "Ne vous demandez pas ce que
votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays" de J.F Kennedy. Quelque soit l’enthousiasme et l’énergie de ce bel esprit impressionnant, Barak Obama
n’est pas un magicien. La tâche qui l’attend est gigantesque et les espoirs qu’il porte sont démesurés et souvent totalement irréalistes tant les fondamentaux du partie démocrate sur les grands
sujets du monde ne sont pas si différents au fond de ceux défendus par Georges W. Bush. Il ne s’agit bien sûr pas dans cette crise d’allergie médiatique à l’Obamania de ne pas se réjouir du
changement. Il ne s’agit pas par exemple de le qualifier, comme l’intellectuel américain Noam Chomsky, "du moins pire des deux maux". Mais Barak
Obama, tout talentueux et tout désireux de changer les choses qu’il soit, ne pourra pas réaliser de miracle. Il est peu probable par exemple, même si c’était une divine et délicieuse surprise,
qu’il puisse libérer totalement la politique américaine de l’influence de l’American Israël Public Affairs
Committee devant lequel il a d’ailleurs promis en Juin 2008 son soutien à Israël en s’engageant à "aider Israël dans sa recherche de
partenaires crédibles avec qui faire la paix" tout en le protégeant "contre les ennemis jurés à sa destruction". Bien sûr, l’histoire
retiendra qu’aujourd’hui les Etats Unis d’Amérique ont officiellement un président à la peau noire qui porte l’espoir d’un renouveau et surtout pour nous celui d’une plus grande écoute du reste
du monde. Mais ce serait injuste à son égard d’attendre qu’il puisse en un instant bouger toutes les lignes et bousculer les pesanteurs si influentes de la société américaines. Bonne chance à
l’Amérique de Barak Obama et à bas l’obamania qui est l’une des pires caricatures de la médiacratie dominante.
Patrice Leterrier
20 janvier 2009
Par Patrice Leterrier
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Publié dans : Internationale
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