Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 14:59

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rosse bourde possible des chercheurs du programme OPERA qui avaient annoncé en septembre dernier la nouvelle sensationnelle de neutrinos plus rapides que la lumière !

On se souvient qu’ils ébranlaient ainsi l’un des piliers de la théorie de la relativité qui, dans le même temps, trouvait une confirmation bien plus confidentielle avec la vérification du décalage vers le rouge de la lumière des galaxies dû à la gravité faite par Radek Wojtak et ses collègues de l’Université de Copenhague.

La nouvelle de la mesure potentiellement erronée de la vitesse des neutrinos est annoncée d’abord dans la revue Science.

Elle doit sans doute faire jubiler nos amis américains jaloux d’être surpassés par le LHC et la fermeture du Tevatron, l’accélérateur du Fermilab.

Deux sources possibles d’erreurs ont été détectées : D’une part une dérive d’une ampleur inconnue de l’oscillateur censé synchroniser les signaux GPS et d’autre part un possible problème de connexion de la fibre optique de 8 km reliant un GPS à la carte électronique du détecteur OPERA.

Dans le même temps, des chercheurs du Fermilab viennent de publier une nouvelle mesure de la masse du boson W avec une précision jamais atteinte auparavant qui permettra peut-être de faciliter la recherche du fantomatique boson de Higgs qui continue à se cacher malgré les efforts incessants des chercheurs du LHC.

Aujourd’hui si on tape "neutrinos vitesse de la lumière" sur google on obtient 15 900 résultats alors que "masse boson W" n'en donne que 4 et "découverte boson de higgs" en donne 9!

On voit le rôle d'amplificateur exponentiel d'internet qui semble directement lié au caractère sensationnel d'une découverte.

La course à l’événement en vogue aujourd’hui semble faire oublier aux scientifiques leur déontologie et la rigueur de l'approche scientifique qui veut qu'une expérience unique qui contredit une théorie largement confirmée par ailleurs doit être méticuleusement vérifiée et revérifiée avant que l’on se lance dans des supputations certes porteuses d’audience mais qui risquent d’être très vite contredites.

En septembre 2011, le porte parole d’OPERA, Antonio Ereditato, de l’Université de Berne (Suisse), déclarait triomphant sur le site du Cern : "après des mois d’études et de recoupements, nous n’avons découvert aucun effet dû aux instruments qui pourrait expliquer le résultat de la mesure." 

Il ajoutait, comme une forme de défi au monde scientifique "Les chercheurs de la collaboration OPERA vont poursuivre leurs études, mais nous attendons également avec impatience des mesures indépendantes qui permettront d'évaluer pleinement la nature de cette observation."

Il est troublant de constater que "malgré des mois d’études et de recoupements" la dérive possible d’un oscillateur et une mauvaise connexion entre un GPS et un ordinateur n’aient pas été décelées avant !

Nul doute que les antisciences toujours à l’affut de la moindre faute profiteront de cette bourde, qu’elle soit confirmée ou non, pour jeter un peu plus le discrédit sur d’autres résultats comme, au hasard, la source anthropique du réchauffement climatique.

La responsabilité de ce tam-tam assourdissant est partagée entre les scientifiques tellement pressés de faire des annonces et la presse (scientifique ou pas) naturellement toujours à l'affut d'une nouvelle sensationnelle oubliant quelquefois plus ou moins volontairement la vérification scrupuleuse des sources et des attendus souvent prudents mais pas toujours très lisible d'un communiqué scientifique.

La question reste comme toujours "à qui profite le crime" même s'il ne s'agit pas ici de crime et on retrouve en l’occurrence la recherche effrénée d’audience et la course incessante aux crédits des scientifiques!

Attendons donc les nouvelles mesures mais si les erreurs sont confirmées, c’est en quelque sorte dommage puisque ces neutrinos supraluminiques ouvraient de nouvelles voies de recherche.

Entre temps le boson de Higgs sera peut-être démasqué et je suis curieux par avance du nombre de réponse que cette nouvelle donnera sur google.


Patrice Leterrier 

25 février 2012


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Par Patrice Leterrier - Publié dans : Sciences fondamentales
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 18:04

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e dernier pigeon migrateur américain était une femelle qui s’appelait Martha. Elle est morte le 1er septembre 1914, à 1 heure du matin, au zoo de Cincinnati.

Le nombre d’espèces qui disparaissent ne cesse d’augmenter.

Les prochaines disparitions ne portent pas sur des millénaires mais concernent les décennies à venir.

L’action de l’homme sur son écosystème est redoutable.

La surexploitation des océans, la déforestation massives, la chasse des animaux non seulement pour la viande mais pour le cuir, la fourrure, les dents, les écailles, les plumes ou encore la graisse des baleines pour fabriquer des vêtements, des bijoux ou des produits de cosmétique menacent des milliers d’espèces.

Nous nous apprêtons à vivre dans un monde ou le beluga, le bonobo, le gorille des montagnes, l’ours polaire, le tigre de Sumatra, le rhinocéros et bien d’autres rejoindront le dronte de Maurice (plus connu sous le nom de Dodo) disparut à la fin du 17ème siècle et le dauphin de Chine déclaré disparut en 2007.

Nous sommes plus de 7 milliards d’humains et nous sommes capables grâce à nos technologies non seulement d’aller explorer l’espace, de  rallonger sans cesse l’espérance de vie de nos semblables, d’éradiquer des maladies, de faire des miracles pour réparer nos corps mais hélas également de laisser plus d’un milliard d’êtres humains victimes de la faim et de modifier aveuglement notre écosystème.

Nous sommes responsables de la disparition du pigeon migrateur américain, du dauphin de Chine et de plein d’autres espèces mais aussi du trou dans la couche d’ozone qui nous protège et nous brûlons des milliards de tonnes de combustibles fossiles en rejetant des milliards de mètres cubes de CO2 dans l’atmosphère.

Personne de scientifiquement sérieux ne peut nier que le réchauffement climatique se fait actuellement à un rythme n’ayant aucune  commune mesure avec un phénomène naturel et personne de vraiment objectif ne peut nier le rôle de l’homme dans ce phénomène (consensus à plus de 97% selon une étude sur la crédibilité des experts climatiques).

Chaque année nous ajoutons une couverture de plus sur le lit déjà assez chaud de notre planète et la question qui reste ouverte est uniquement de savoir combien de temps cela prendra-t-il pour dérégler irrémédiablement le climat qui se trouve – chacun peut le constater – déjà bien perturbé ?

Bien sûr vous pouvez trouver sur internet et dans des publications pseudo-scientifiques des picoreurs de chiffres qui se livrent à des tours de passe passe pour nier ces faits avérés.

Vous pouvez aussi trouver des écrits qui nient la théorie de l’évolution, qui annoncent la fin du monde proche, qui prétendent que le 11 Septembre est l’œuvre d’un complot, que l’homme n’a jamais mis les pieds sur la lune, etc…

Il n’empêche que la démarche scientifique consiste toujours à trouver les explications qui collent le mieux avec les faits constatés et que, jusqu’à preuve du contraire, c’est cela qu’on appelle la vérité scientifique.

A l’épreuve de la démarche scientifique rien d’autre que l’action de l’homme ne peut expliquer le brutal et constant réchauffement de la planète que nous observons aujourd’hui.

Bernard Baruch disait "Tout homme a le droit d’avoir son opinion mais aucun homme n’a le droit de se tromper sur les faits qu’il rapporte".

Alors les exégèses sur la forme de telle ou telle courbe de températures, qui échauffent le web, seraient franchement ridicules si elles n’étaient le prétexte à discréditer l’approche des spécialistes du climat et à semer le doute dans l’esprit du public.


Patrice Leterrier 

21 février 2012

 

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Par Patrice Leterrier - Publié dans : Sciences humaines
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 19:42

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eut-être avez-vous en mémoire un souvenir de votre prime jeunesse dont vous ne savez plus s’il est la trace de votre vécu ou la réminiscence bien arrimée d’événements que l’on vous a tellement racontés dans votre enfance que vous avez fini par vous l’approprier comme un souvenir personnel ?

Après les attentats du 11 septembre, une équipe de psychologues, dirigée par William Hirst et Elizabeth A. Phelps, a interrogé plusieurs centaines de personnes sur leurs souvenirs de cette terrible journée.

Un an après le terrible événement, plus d’un tiers des personnes interrogées avait modifié leur récit de leurs souvenirs de ce drame.

Mieux encore, 3 ans après, ils étaient plus de la moitié à changer de version et certains avaient même modifié l’endroit où ils se trouvaient au moment des faits.

Bien sûr, on connaissait depuis longtemps le caractère subjectif des témoignages qui peuvent fluctuer de façon considérable d’une personne à une autre, mais il était plus ou moins admis que les souvenirs, notamment ceux chargés d’un forte composante émotionnelle, s’imprimaient de manière presqu’indélébile dans notre mémoire justifiant l’expression "je m’en souviens comme si c’était hier !".

Les découvertes faites par Karim Nader, Glenn Shafe et Joseph LeDoux ont montré qu’en fait les souvenirs ne sont pas stockés comme dans un ordinateur sur une mémoire statique en charge de les retenir mais reconstruits chaque fois que nous les rappelons et que cette reconstruction modifie en retour les éléments dispersés dans le cerveau qui ont conduits à évoquer le souvenir.

Nous modifions inconsciemment nos souvenirs en les rappelant notamment parce que les conditions dans lesquelles se manifestent le souvenir n’ont plus grand-chose à voir (et c’est souvent heureux) avec celles qui prévalaient au moment où nous avons vécu l’événement.

Cette découverte n’expliquerait pas le mécanisme de fabrication du souvenir si Todd C. Sacktor,Professeur de physiologie, de pharmacologie et de neurologie au Sunny Dowstate Medical Center de New York n’avait découvert que la protéine kinase C appelé PKMzeta jouait un rôle fondamental dans la fabrication des souvenirs.

Plus encore, dans des expériences menées sur les rats, T. Sacktor et ses collègues ont réussi à renforcer ou au contraire à effacer le souvenir d’expériences en stimulant ou au contraire en inhibant l’effet de cette protéine.

Ce qui paraît le plus fascinant dans les travaux des chercheurs c’est cette capacité d’effacer des souvenirs (en l’occurrence désagréables pour les muridés) par simple inhibition de la protéine PKMzeta.

Cette découverte laisse entrevoir des espoirs thérapeutiques pour le traitement de personnes victimes de chocs post-traumatiques mais également pour d’autres pathologies comme les troubles obsessionnels compulsifs ou encore les toxicomanies largement alimentées par des souvenirs envahissants.

On peut aussi frémir d’effroi en imaginant un monde où les individus ne pourraient plus disposer librement de leurs souvenirs.

Bien sûr on est encore loin des expériences de laboratoire à des pilules "effaceuses" de la mémoire mais une fois de plus on voit que la dimension éthique est indissociable de la recherche scientifique.


Patrice Leterrier 

20 février 2012

 

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Par Patrice Leterrier - Publié dans : Sciences humaines
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