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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 17:17

Le gouvernement réitère son stratagème sur les masques avec les tests.

Pourquoi dire que cela ne sert à rien de tester les asymptomatiques, c'est à dire de tester le plus grand nombre possible, au prétexte que l'on peut être asymptomatique un jour et positif le lendemain ?

La recherche des patients positifs (et non pas seulement la constatation lorsqu'ils ont des symptômes) est pourtant essentielle pour l'isolation de clusters potentiellement infectés.

Nos amis allemands, qui certes avaient les moyens, l'ont bien compris.

Force est de constater qu’ils s’en sortent mieux que nous même si on doit noter qu’ils ont eu la chance de ne pas avoir eu la bombe virulente due à la réunion des 2000 évangélistes dont on peut mesurer l’ampleur avec l’exemple du Charles de Gaulle.

Alors pourquoi ne pas avouer simplement comme pour les masques : nous n'avons pas suffisamment de tests disponibles alors on met en place des priorités pour adapter la stratégie à nos moyens.

Même si Freud écrivait « Les masses n'ont jamais connu la soif de vérité. Elles exigent des illusions auxquelles elles ne peuvent renoncer », ne vaut-il pas mieux traiter les français en adultes ?

N’est-ce pas  dangereux en démocratie de parier sur l'ignorance comme le font si bien les tenants des théories du complot ou les régimes autoritaires ?

Au cœur de ce débat, la question est de savoir si on doit, au nom des principes écouter Kant qui fait de la vérité un absolu, une obligation morale universelle qu’il n’est pas permis de transgresser ou suivre Hannah Arendt  qui affirme « la véracité n’a jamais figuré au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours été considéré comme un moyen parfaitement justifié dans les affaires politiques ».

Actons que le secret d’état est probablement justifié et nécessaire notamment en matière de sécurité (lutte anti-terroriste), de défense, de diplomatie.

Mais comme nous vivons semble-t-il en démocratie, dans l’ère de la révolution numérique et dans celle où le quatrième pouvoir, bien que malmené, est reconnu, les mensonges d’état sont aujourd’hui exposés à la contradiction publique permanente.

Ils sont encore plus soumis à la critique lorsqu’ils se parent de la toge scientifique c’est-à-dire qu’ils refusent implicitement d’admettre que le domaine de l’action politique n’est pas celui de la science même si celle-ci peut et doit éclairer nos gouvernants.

Car enfin c’est bien sous le paravent scientifique que nos  gouvernants ont mis en avant l’inutilité du masque pour tous omettant de préciser ce qui était la vraie raison à savoir que nous devions faire face à une pénurie, conséquence de notre dépendance à la Chine.

Il était probablement de l’intérêt général de réserver les masques aux populations les plus exposées et en priorité aux soignants et aux personnels en contact avec les malades.

Mais s’agissait-il de l’intérêt général de cacher une situation qui était largement commentée sur internet et dans les médias au risque d’affaiblir inévitablement la parole de nos gouvernants qui se voulait transparente et appuyée sur les recommandations des experts scientifiques ?

Que restera-t-il de la démocratie si le discours politique, rendu inaudible par trop de contradictions, de voltefaces, d’approximations, laisse la place aux experts qui étalent leurs divergences, aux défenseurs des théories du complot qui désignent des coupables, aux politiciens populistes qui s’engouffrent dans le désarroi des populations ?

La politique n’est ni le domaine des certitudes scientifiques ni celui des croyances mais celui de l’action qui est forcément un compromis entre des risques et des bénéfices attendues.

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Patrice Leterrier

25 mars 2020

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 16:43

Si nous n’y prenons pas garde, nous pourrions être englouti par un raz de marée d’informations en continu sans filtre, le spectacle navrant de polémiques scientifiques, la génération spontanée d’épidémiologistes autoproclamés affirmant tout comprendre et tout maîtriser, une horde beuglante de yakafaucons censeurs sentencieux de tous ceux qui ne partagent pas leurs points de vue, des consignes contradictoires ajoutant à la confusion générale et sapant la confiance, des complotistes cherchant désespérément à trouver des coupables et à punir des innocents.

Dans un billet paru hier sur « Tracts de Crise » Claire Chazal s’interroge en ces termes « Pourra-t-on  continuer d’être nourris, gavés, dominés et parfois vidés de toute capacité de jugement par cette épilepsie communicante ? »

Nous vivons une accélération du temps et de l’espace qui nous fait en permanence être à la fois le voisin d’un yankee du Massachusetts, d’un rital de Milan ou de Naples, d’un catalan de Barcelone, mais pourtant bien seul pour contenir l’angoisse et la peur que provoque ce virus.

Nous voilà spectateur impuissant, résigné mais inquiet, pétrifié à l’annonce de toutes ces victimes dont les proches ne peuvent même pas faire le deuil.

La pression du temps qui s’écoule nous paralyse et nous vivons dans un espace à la fois infini à travers les lucarnes des réseaux sociaux et de la télévision et ridiculement réduit à notre sanctuaire de confinement.

Mais dans ce temps du confinement, dès lors que nous voudrions bien nous passer de cette drogue médiatique qui tend à nous envahir et à ranimer notre cerveau reptilien si longtemps mis en sommeil par une rationalité conquérante et rassurante qui n’est plus de mise face à un ennemi invisible, mystérieux et sournois, nous voilà plongé dans une solitude inhabituelle et un silence inédit seulement rompu par le chant des oiseaux et le frémissement des feuilles des arbres qu’on ne prenait plus la peine d’entendre.

Dans ce temps ralenti si cher à Montaigne, plus rythmé par nos activités frénétiques et parfois futiles et cette solitude inhabituelle, nous avons tendance à vouloir combler ce que nous prenons pour un vide par le mirage des réseaux sociaux, les WhatsApp et autres SMS, comme si nous pouvions trouver dans cette virtualisation des échanges un palliatif à notre angoisse de nous retrouver face à nous-même.

Mais nous ne pourrons pas faire l’économie de ce retour à l’essentiel et de cette remise en cause de cette vitesse omnipotente dont Gaspard Koenig dit qu’elle  « n’est pas une fatalité liée au progrès technique. C’est avant tout une invention culturelle, née avec les Lumières, qui commença par mettre les chevaux au galop sur les routes, envoya des milliards de passagers annuels dans les airs et acheva son œuvre folle en mettant les cerveaux du monde entier à portée d’un clic ».

Il faudra bien que nous nous posions un peu.

Oserons-nous remettre en cause le tourniquet infernal dans lequel la recherche effrénée de l’efficacité à moindre coût nous a entrainés ?

Aurons-nous l’audace et le courage d’arrêter d’aliéner les valeurs humaines et notre environnement à la logique du marché ?

 

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Patrice Leterrier

17 avril 2020

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 10:41

À la sortie du confinement, passerons-nous du statut de confiné à celui de victime du Virus ?

Le gouvernement envisage pour mieux contrôler sa diffusion la mise en place d’une application de traçage Stopcovir.

Apple et Google ont bien vu le rôle qu'ils peuvent tenir en proposant d'introduire dans IOS et Android un " coronavirus tracking system" présenté comme "Potentially a huge step forward in the fight against COVID-19" pour faciliter sa mise en place.

Sur les ondes de RTL Christiane Taubira évoque ses "inquiétudes" sur le tracking en ses termes : "non au moindre grignotage de libertés, puisque les démocraties ne savent pas rétablir les libertés qu'elles grignotent".

Dans un billet sur tracts de crise, Patrice Franceschi invoque Orwell et conclut avec lyrisme : "La sagesse nous engage à ne pas monter une marche de plus sur l’escalier du totalitarisme menaçant les sociétés modernes – ce totalitarisme qui ne tue pas mais empêche de vivre."

On entend ces objections d'autant que l'histoire de la démocratie est intimement liée aux principes de liberté individuelle, de secret médical, de non-discrimination.

À ses objections idéologiques s’ajoute des doutes sur l’efficacité même de l’application.

Selon l’association Quadrature du Net, pour être éventuellement efficace, il faudrait que l’application soit installée par au moins 60% de la population alors que dans l’exemple de Singapour elle n’a couvert que 16% des habitants. Son efficacité dépendrait aussi de la portée du Bluetooth qui varie selon les téléphones. Elle risquerait aussi de créer un faux sentiment de sécurité éloignant les utilisateurs des gestes barrières toujours indispensables.

On pourrait faire remarquer que  l’application prévue ne permettra pas la localisation mais seulement l’existence de proximité d’identifiants anonymes et que l’application est basée sur le volontariat.

On pourrait aussi faire remarquer que ce dispositif faciliterait l’enquête qui est faite aujourd’hui systématiquement auprès des malades déclarés.

Devant ces doutes sur l’efficacité de l’application et s’agissant de liberté individuelle, on serait prêt à s’incliner et à partager la prudence des vertueux défenseurs des droits fondamentaux SI....

Si les ogres que sont les GAFAM, aux mains non pas d'états mais de magnats multimilliardaires bien éloignés de l'intérêt commun, ne nous avaient sournoisement transformés en prolétaire inconscient du numérique.

Hydres boulimiques de notre identité, de nos goûts, de nos préférences sexuelles, de nos options politiques, ils nous suivent constamment à notre insu en traçant en permanence nos pérégrinations sur la toile.

Ils surveillent scrupuleusement nos positions géographiques par le truchement de nos téléphones portables pour mieux nous inciter à consommer.

Alors pour commencer à lutter pour défendre, au nom de la sacrosainte liberté individuelle, le droit d'aller et venir où bon nous semble sans être repéré, il faudrait commencer par contraindre tous les fournisseurs d'application à anonymiser nos données et à enfin reconnaitre un droit de propriété sur les données personnelles, davantage protecteur que le droit européen actuel.

La tâche est rude car ce serait leur faire renoncer à une des sources voire la source principale des revenus gigantesques que nous leur offrons en échange de leurs services sans en être vraiment conscients.

En matière de surveillance de masse dont parle Patrice Franceschi, il est peut-être grand temps de contrôler celles que font en toute impunité les géants du numériques et leurs associés de fait que sont les fournisseurs d’accès à internet.

 

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Patrice Leterrier

15 avril 2020

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 12:13

Quel symbole tout de même : on nous demande de nous laver les mains.

Nous laver les mains comme une multitude de Ponce Pilate pour oublier que nous portons tous la responsabilité de cette incurie à regarder à quoi notre égoïsme collectif nous a conduits.

Nous laver les mains de notre myopie à accepter que l’on ne parle que du coût de la santé tout en affirmant au nom de nos principes à l’unisson d’Alain Souchon que « la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie ». En oubliant qu’à force de parler du coût on porte atteinte au prix de la vie.

Nous laver les mains du financement de ce que pudiquement les élites appellent le cinquième risque, c’est-à-dire tout simplement l’incroyable aveuglement devant ce défi inexorable de la prise en charge de nos ainés que l’on parque dans des mouroirs.  Comme l’écrit Chloé Morin « L’hécatombe à venir dans les EHPAD nous rappelle qu’avec eux, au nom d’une vie qui va trop vite, une vie trop pleine – pleine de travail qui épuise, d’enfants, d’amis, d’emmerdes qui volent en escadrilles – nous avons sacrifié une part de notre humanité. » 

Nous laver les mains de l’inexorable logique économique de la mondialisation qui nous a fait accepter de sacrifier notre indépendance  dans l’approvisionnement de nos médicaments, de notre nourriture, de nos dispositifs de santé.

Nous laver les mains du sort des « autres » et de laisser mourir en mer des milliers de réfugiés.

Nous  laver les mains de notre indifférence  face à des millions de personnes qui manquent de tout et qui survivent dans des conditions inhumaines.

Nous  laver les mains des conditions misérables de ceux qui fabriquent les vêtements, téléphones portables, écrans de toute sorte, etc… que nous achetons avec une frénésie consommatrice insatiable.

Nous  laver les mains de notre renoncement collectif à voir les dommages irréparables que nos modes de vie font subir à notre environnement.

Nous  laver les mains et désigner bien sûr les élites que nous méprisons comme les coupables désignés de notre aveuglement.

Faut-il un cataclysme comme celui auquel nous sommes confrontés, pour que nous prenions conscience que rien ne pourra plus être comme avant

Plus que jamais le futur est incertain et on ne sait pas comment en particulier notre pays sortira de la « nuit des longs couteaux » qui suivra inévitablement la fin de ce fléau.

J’ai bien peur que les leçons à tirer ne soient emportées par un tsunami d’anathèmes et de condamnations à l’emporte-pièce.

L’articulation que l’on a vue entre la science et le politique aura-t-elle raison de l’envahissement des croyances et des tenants de la théorie du complot déferlant sans contrôle sur les réseaux sociaux ?

Il n’est pas douteux que les censeurs populistes particulièrement habiles à nous expliquer après coup comment nous aurions pu éviter cette catastrophe tenteront de mobiliser les français sur leur terrain de ralliement favori de la peur de l’autre et du repli sur soi et de l’incurie de nos élites dirigeantes.

Pourrons-nous continuer à nous  laver les mains, à désigner les coupables et retourner à nos errements et lâchetés d’avant ?

Patrice Leterrier

13 avril 2020

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 12:51

Le président a martelé le mot guerre dans son premier discours annonçant le confinement.

La guerre cela veut dire que l’on doit faire face à un ennemi. En l’occurrence il s’agit du pire ennemi imaginable puisqu’il est invisible, qu’il frappe au hasard des rencontres et qu’il peut être mortel.

Certes il tue rarement mais au même titre que tous les joueurs du loto jouent pour gagner malgré leur infime chance, toutes les personnes susceptibles d’être contaminés (c’est-à-dire toute la population dans le cas d’une épidémie) craignent pour leur vie.

Et puis il y a ce confinement qui nous oblige à rester chez soi (quand on en a un…) et pour une durée indéterminée. Comme l’écrit Sébastien Boher "devant trop d’incertitudes, nous ne sommes pas tous armés de la même manière pour supporter cette incertitude, laquelle peut être dévastatrice. Notre faculté de tolérer l’incertitude est une caractéristique de la personnalité, qui varie fortement d’une personne à l’autre".

Symptômes de stress post-traumatique, anxiété, dépression, irritabilité, confusion, peur, colère, abus de médicaments ou de drogues, insomnie, stigmatisation.

Ce sont en gros les méfaits possibles de ce confinement et les conséquences peuvent être parfois dramatiques.

 

Une façon de réduire cette incertitude c’est d’expliquer ce qu’on ne sait pas par des théories simples et par exemple d’affirmer que ce virus a été  fabriqué par l’homme. Un sondage récent montre que nous sommes 26 % à penser que le coronavirus a été créé à dessein dans des laboratoires.

 

Et comme d’habitude pour les tenants du complot plus on apporte la preuve que c’est faux plus ils y croient. Les psychologues appellent cela le biais de confirmation.

 

Mais devant ce danger potentiel l’autre réflexe naturel sera à la fois de chercher un bouc émissaire sur lequel on pourra faire porter l’entière responsabilité de la crise et un sauveur qui nous délivrera du danger par un traitement miracle.

 

Selon Giuseppe Bonazzi, "la création d'un bouc émissaire apparaît alors comme le prix de substitution qu'un groupe homogène de pouvoir propose de payer, dans le cadre d'une stratégie orientée vers le dépassement de la crise aux moindres frais".

 

Dans le cas qui nous occupe où, in fine, la gestion des ressources est confiée à un personnage unique, symboliquement considéré comme "plénipotentiaire" et chargé d'exécuter des programmes établis au sommet du pou­voir : Le Président.

 

En cas d'échec, même si l'échec est dû à des erreurs intrinsèques du programme, à une carence de ressources, à la défaillance de ses prédécesseurs, etc., la responsabilité retom­bera « par convention » sur le rôle exécutif plénipotentiaire.

 

Le sujet appelé à revêtir ce type de rôle est tenu de reconnaître et d'accepter a priori les risques inhérents au rôle.

L'autre figure emblématique de ces situations de crises extrêmes remettant en cause les valeurs que notre paresse et notre égoïsme de consommateur ont laissé s’installer au nom de l’efficacité économique, c’est celle du sauveur.

La prétention de sauver les autres n’est pas toujours dénuée de narcissisme. S’il l’on peut devenir un sauveur, c’est qu’il y a des victimes potentielles d’un danger imminent.

 Et s’il y a un sauveur potentiel, il réduira pour les plus anxieux la perception du danger et tous ceux qui oseraient mettre en cause sa capacité salvatrice seront bien sûr des comploteurs au service des puissances de l’argent et des complices du pouvoir incarné par le bouc émissaire statutaire.

Restons lucides et admirons surtout tous ces soldats qui se battent pour vaincre l’ennemi qu’ils soient au front face à lui ou à l’arrière pour nous permettre de continuer à vivre et à nous nourrir.

Blaise Pascal écrivait "tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre"

Patrice Leterrier

3 avril 2020

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 21:37
Plus Jamais ça !

 

 

 

Dans cette vidéo d’une conférence faite en 2015, Bill Gates apparait comme un incroyable visionnaire.

Un visionnaire pas seulement pour avoir radicalement changé le monde de l'informatique au début des années 80 mais pour alerter en 2015 sur le seul vrai risque mondial qui nous attendait.

Il concluait « Il est donc maintenant temps de mettre toutes nos bonnes idées en pratique, de la planification de recherche de vaccins à la formation des agents de santé ».

Il ajoutait cette incroyable prémonition  « il n'y a pas lieu de paniquer... mais nous devons nous y mettre. ».

Rien n’a été fait et nous y voilà.

Rappelons que contrairement au virus EBOLA (d’après l’OMS, un taux de mortalité autour de 54%), la létalité du Covid19, certes apparemment supérieure à celle de la grippe, est de l'ordre de 1 à 2% donc très inférieure.

Mais il semble contagieux chez des patients asymptomatiques ce qui aggrave sa propagation et rend d'ailleurs impossible le calcul du taux de létalité.

Par contre il semble que le taux de complications directement liées au virus lui-même (et pas à des fragilités des patients) soit très supérieur à celui de la grippe, ce qui est la grande préoccupation aujourd'hui et le grand risque de saturation de notre système de santé.

Les solutions proposées dans la vidéo de Bill Gates sont la SEULE REPONSE possible pour se préparer à l'avenir à ce risque de pandémie, qu'il vienne naturellement ou par terrorisme bactériologique (ce qui n'est pas le cas pour le covid19 contrairement aux vidéos virales qui circulent).

Le système dysfonctionne c'est donc le système qu'il faut changer lorsque la crise sera passée.

Dans son premier discours avant le premier tour des municipales le Président Macron a tenu des propos qui l’engagent et notamment : « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. »

Et dans son dernier discours il enfonçait le clou d’une profond transformation nécessaire : « Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. »

Le rendez-vous est pris et la classe politique toute entière ne pourra pas se dérober et retourner à ses habitudes d’avant !

 

 

Patrice Leterrier

25 mars 2020

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 07:35

Au moment où la confusion idéologique la plus totale règne au sein de ceux que l’on appelle dans un raccourci banalisant et dangereux les "gilets jaunes",

Au moment où des intolérable injures ont été proférées à l’encontre du philosophe et académicien, Alain Finkielkraut apostrophé le samedi 16 février par des  "Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous",

Au moment des tombes du cimetière juif de Quatzenheim, qui est là depuis 1795, ont été profanées et recouvertes de croix gammées, un peu plus de deux mois après que celles du cimetière d’Herrlisheim, dans le Bas-Rhin, aient été souillé,

Au moment où des croix gammées défigurent honteusement des portraits de Simone Veil sur des boites aux lettres de la mairie du XIIIe arrondissement de Paris,

Au moment où des ados endoctrinés tirent à la carabine à plomb devant une synagogue à Sarcelles,

Au moment où le désespoir et la colère des laissés pour compte de notre société profitent à  des extrémistes de tout bord qui déversent sans vergogne leur haine et leur violence dans nos rues,

Au moment où certains, dont le député LREM Sylvain Maillard sur France info lundi dernier, dans une confusion sémantique irresponsable, appellent à faire reconnaître l’antisionisme comme un délit, au même titre que l'antisémitisme,

Au moment où l’ombre du capitaine Dreyfus plane à nouveau au-dessus de nos têtes et qu’il n’existe aucun Émile Zola pour nous rappeler le traumatisme  de ce fléau toujours lattant qui a naguère divisé si profondément la société française,

Il parait essentiel, bien sûr plus que nécessaire de se dresser contre ce retour aux heures sombres où la chasse aux youpins était ouverte dans notre pays.

Mais il est aussi salutaire de combattre ce glissement insidieux du sens des mots, de ne pas oublier le sens de l’histoire et de rappeler ce que l’historienne Hanna Yablonka écrivait en 2011 sur : "la manière dont Israël se perçoit parmi les nations" c’est-à-dire cette référence permanente à la shoah pour justifier souvent l’injustifiable,

Comme le prédisait le philosophe Hugo Bergman en 1962 à l’occasion de l’exécution du tortionnaire nazi Adolf Eichmann, Israël: reste "confronté au danger de choisir l’isolement pour l’isolement, de se détourner des autres parce qu’ils seraient des incirconcis et d’abandonner sa mission au sein des nations".

Aussi ne doit-on pas confondre l’antisémitisme odieux et méprisable avec une analyse critique, que d’aucuns qualifient pour éviter d’avoir à en débattre d’antisionisme, de la politique désastreuse menée par les dirigeants Israéliens qui les poussent, comme l’écrivait  Hanna Yablonka  à prendre "la shoah comme boussole pour soupeser notre existentielle condition et les décisions de notre existence", justifiant dès lors des actes et comportements à l’égard des palestiniens qui ne méritent que notre indignation et notre réprobation.

Patrice Leterrier

19 février 2019

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 17:38

La révolte des “gilets jaunes” révèle le basculement dans un nouvel âge du social.[…]  Ce ne sont plus les classes sociales qui constituent la société, mais les positions sociales [1]».

Certes comme l’écrit le philosophe ce mouvement traduit bien « le sentiment de ne compter pour rien, de mener une existence rétrécie, de vivre dans un monde profondément injuste [2]» et donc pour ces participants aux préoccupations diverses et non structurées, une nécessité de se rapprocher, de constituer un groupe pour faire entendre leurs voix dans un monde si violent et si vide d’espoir. Mais en plus que de position sociale, c’est à la constitution de  postures numériques à laquelle on assiste.

C'est par les discours que les individus et les groupes sociaux définissent et reconfigurent leurs identités qu'elles soient ethniques, culturelles, nationales ou régionales.[…] On peut dire alors qu'on assiste à l'éclatement de modèles dominants au profit d'identités qui sont davantage singularisantes, incertaines mais individualisées. Notre identité est plurielle et mouvante et elle se construit dans et par l’interaction, laissant alors une grande place à l‘intersubjectivité. Il convient alors de rentrer davantage dans l'analyse des interactions quotidiennes, en partant des catégories « bricolées » par les individus et non seulement des catégories officielles produites par les institutions[3] ».

Les identités traditionnelles s’effritent submergées par le tsunami de la révolution numérique qui remplace la proximité sociale, morale ou politique par celle des  "like" déclenchés spontanément sur les réseaux sociaux sous l’action d’une amygdale toute puissante qui gère nos émotions, déconnectée de toute référence à la réflexion, de toute référence à un groupe autre celui de la myriade des oubliés du système…...Il s’agit de véritables injonctions identitaires auxquelles on se soumet par désir de fuir la solitude dans laquelle l’absence d’espoir nous plonge.

La communication électronique renvoie ainsi aux conditions de participation personnelle intense propre à l'époque orale et au sujet tribal. De cette condition naît le sujet électronique moderne. Ce sujet n'est plus l'individu rationnel et détaché de l'époque typographique. Il ressemble davantage au sujet tribal et se caractérise, comme le sujet tribal, par une soif d'interaction personnelle profonde avec les autres et avec l'environnement. La réorganisation de notre identité tourne autour de l'information [4]».

Chacun peut ainsi « désormais s'inventer de nombreuses identités, mais aussi de les vivre dans un véritable échange avec d'autres internautes ».

Ils peuvent également s’unir sur le terrain à travers ce lien fragile de leur colère « dans laquelle se mêlent l’urgence et le flou[5] ».  .

Mais dans cette transformation profonde de l’identité personnelle, le caractère biaisé de l’information diffusée dans un fatras informe de bruits et de fureurs par les réseaux sociaux, dominée par le piège de l’émotion, fausse la construction de manière invisible et sournoise.

Prendrons-nous un jour conscience qu’avec Facebook, Twitter, Google ce sont aux algorithmes que nous avons donné le pouvoir de façonner notre identité en attirant notre attention non pas sur les faits, sur la vérité, sur le raisonnement mais sur l'apparence, sur l'émotion manipulée par des images souvent sorties de leur contexte, sur des hypothèses pourvu qu’elles soient les plus incroyables, les plus ignobles, les plus atroces, les plus dérangeantes. C'est le triomphe de la post-vérité par « la diffusion bien plus vaste de discours qui n’accordent aucune importance à la distinction entre vrai et faux »  qui risque de nous entrainer vers l'abime d'une décomposition de nos identités personnelles ramenées à la couleur d'un gilet.......... ?

Patrice Leterrier

12 décembre 2018

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[1] Pierre Rosanvallon

[2] ibid

[3] Michel Bourse « variations sur le discours identitaire »

[4] ibid

[5] Pierre Rosanvallon 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 08:26

La tyrannie de l’amygdale

E

n 1953 Ray Bradbury publiait son célèbre roman Fahrenheit 451 dans lequel on pouvait déjà lire « Le téléviseur est "réel". Il est là, il a de la dimension. Il vous dit quoi penser, vous le hurle à la figure. Il doit avoir raison, tant il paraît avoir raison. Il vous précipite si vite vers ses propres conclusions que votre esprit n’a pas le temps de se récrier : "Quelle idiotie !" ».

À l’époque internet n’existait pas et le déferlement médiatique n’avait pas atteint le paroxysme que nous lui connaissons.

À l’époque aussi les "idioties" qu’il dénonçait n’avaient pas envahi si massivement l’esprit des gens prompts à prendre pour des informations la cacophonie générale régnant dans les médias.

Mais ce qui caractérise encore plus aujourd’hui cette course insensée à l’audience c’est cette tyrannie de l’amygdale qui nous fait juger de l’information sous le seul critère de la charge émotionnelle qu’elle déclenche sans se soucier de sa véracité et de sa portée.

Lors de son passage au magazine de la santé du 19 juin 2018, la philosophe Peggy Sastre, coauteur du texte paru dans le Monde sur la liberté d’importuner, ne s’explique pas les réactions violentes qu’a provoquées ce texte qui s'inquiétait d’abord d'un possible retour du puritanisme à la suite de l'affaire Weinstein,  dénoncait "une campagne de délation" née sur les réseaux sociaux et estimait que "la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste".

Elle illustre son propos en disant que ce texte que la plupart des gens n’ont pas lu a "tapé à l’amygdale" alors qu’il suscitait plus "au cortex frontal", façon anatomique de distinguer le traitement des émotions de celui de la pensée…..

C’est le cœur du débat qui voit de plus en plus les médias jouer une compétition émotionnelle qui influence notre jugement critique souvent au point de nous écarter de la nécessité de l’exposé de points de vue contradictoires seuls capables de garantir notre liberté de jugement face à la complexité croissante d’un monde soumis en permanence au regard de tous et dont il est si facile de masquer la complexité en suscitant l’émotion par des images choisies pernicieusement pour emporter notre jugement dans une vague émotionnelle.

La toute-puissance d’internet qui surutilise l’image au détriment du texte est parfaitement illustrée le 3 septembre 2015, par le cliché du corps sans vie de ce petit Syrien de trois ans, retrouvé sur une plage turque.

L’émotion légitime qu’elle a suscitée n’a cependant pas fait avancer d’un pouce la compréhension du drame qui se joue en méditerranée autour de l’accueil des réfugiés et les mêmes qui hier s’indignaient de la mort de cet enfant sont aujourd’hui majoritairement hostiles à l’accueil des réfugiés chez nous.

Cette dérive émotionnelle est générale.

Il est facile de constater ce recul de la réflexion quand on voit nos journaux télévisés ouvrir systématiquement sur des évènements spectaculaires qu’ils soient d’origine naturelle ou qu’il s’agisse de criminalité ou d’accidents.

Pierre le Coz auteur d’un livre sur le "gouvernement des émotions" notait déjà en 2015 qu’en dix ans, l’Institut national de l’audiovisuel avait relevé une augmentation de 73 % des faits divers dans les journaux télévisés. Il ajoutait "l’information n’est plus sélectionnée en fonction de son degré d’importance réel, mais en fonction de son pouvoir de captation des émotions".

La situation c’est terriblement aggravée depuis et on peut voir des émissions comme celle de la très populaire Elice Lucet montrer le comportement certes inadmissible d’un "petit chef" chez un distributeur présenté ensuite implicitement comme le mode de management dans cette entreprise dans un commentaire à sens unique sollicitant bien sûr l’indignation du téléspectateur.

Les parents s’inquiètent aujourd’hui, à juste titre, de l’addiction aux jeux vidéo de leurs progénitures qui vient d’ailleurs d’être officiellement reconnue comme une pathologie.

Mais nous devrions collectivement nous interroger sur cette forme d’addiction émotionnelle alimentée certes par les médias traditionnels mais terriblement amplifiée à travers tous ces écrans TV, ordinateurs, tablettes, smartphones qui, en grande partie par le biais des réseaux sociaux, nous font vivre ce que Pierre le Coz appelle un véritable yo-yo affectif.

Nous passons en quelques clics d’un extrême à l’autre un peu comme si nous étions tous devenus en quelque sorte bipolaires.

Patrice Leterrier

20 juin 2018

 

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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 15:48

Les fondements d’une tragédie épisode 2

 

C

ommentant le procès d’Eichmann, le philosophe Moshe Habertal dit dans l’émission diffusé par la chaine histoire intitulé « Adolf Eichmann, une exécution en question » :

« Sa condamnation n’a pas de valeur symbolique. Elle en a une autre qui mérite qu’on s’y intéresse de plus près : Il y a quelque chose d’étrangement triomphant dans cette volonté de justice. On amène des nazis devant la justice. On en a attrapé un, Eichmann. On l’amène à Jérusalem et on voudrait montrer comment la justice travaille mais c’est ridicule. On parle de châtiment. Il y a six millions de morts et on attrape un seul nazi. Un grand criminel, certes, mais où est la justice là-dedans ?

…….

Je pense qu’au final, parce que ce procès a eu une conséquence inattendue et que personne n’avait envisagée de donner la parole aux survivants pour la première fois, Il en valait la peine, non parce qu’il a rendu la justice mais parce qu’il s’est trouvé être pour des raisons psychologiques et sociales compréhensibles la seule tribune où cette voix a commencé à être entendue.

Depuis le discours a complétement changé, de façon très importante, tout évènement politique a des conséquences imprévisibles. Ça, c’était une conséquence imprévisible qui fait que rétroactivement, ce procès en valait la peine pas dans le sens où il a rendu la justice mais il y a une forme de justice pour les victimes et les survivants, non en exécutant Eichmann, mais en leur permettant d’apparaitre devant la nation et de dire : « Voici notre histoire !»   

Toute une génération d’Israéliens a été bouleversée par ça. Je viens d’une famille… Mon père était un survivant. À l’époque j’étais trop jeune pour comprendre ce qui se passait. Mais c’est un fait. Toute une génération de survivants qui, jusque-là, était silencieuse a enfin pu s’exprimer.

Les Israéliens se sont autorisés à écouter cette voix parce qu’ils pouvaient l’écouter à partir d’une position de pouvoir.

La justice est, avant tout, une monopolisation de la vengeance. Un état ne peut tolérer que la vengeance soit une affaire privée parce que ça serait sans fin. Il choisit au contraire d’organiser la sanction.

Vengeance et justice ne sont pas très éloignées Parce que l’instinct de la justice, c’est le châtiment. Œil pour œil et l’état prend le contrôle et monopolise la vengeance est dit « ceci est la justice. »

Le 1er Juin 1962, dans une émission spéciale organisée à l’occasion de l’exécution d’Eichmann le professeur Hugo Bergmann s’exprimait d’une voix à la fois lasse et déterminée :

« J’ai l’impression qu’au sein du peuple d’Israël, il existe deux forces qui sont en conflit depuis des siècles. La première, je l’appellerai la haine d’Amalek. La seconde, je la qualifierai par ce précepte : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Pour moi, ce qui ressort de ce procès et qui me paraît primordial, c’est que la pétition qui a été remise au Président par un groupe d’intellectuels pour lui demander de ne pas exécuter Eichmann a été signée par Yehuda Bacon un rescapé d‘Auschwitz.

J’y vois la preuve de l’existence d’un courant juif qui, bien qu’ayant été vaincu cette fois, devra se battre pour conquérir sa place au sein du peuple d’Israël. »

Évoquant ce témoignage, Moshe Habertal, dit :

« Bergmann a défini la question d’une façon plus profonde. C’est lui qui, des trois, est allé le plus loin dans la réflexion. Il n’a pas voulu ramener la question entre les juifs et les allemands.

Pour lui, il s’agissait d’un problème interne au judaïsme. Il a vu dans l’histoire moderne juive émergente ce conflit qui est déjà présent à l’intérieur de la tradition.

Il y a deux voix qui coexistent. Elles ont chacune leur particularité.

La première dit : le souvenir de l’holocauste, comme tous les souvenirs de douleurs dans notre tradition, renvoie à la solidarité avec les victimes parce que nous avons été des victimes. Derrière il y a cette idée « souviens-toi de l’étranger car tu as été étranger en Égypte » ; C’est profondément ancré dans la tradition juive.

Et puis, il y a une autre voix qui dit non pas transforme ton souvenir en un acte de solidarité avec celui qui est vulnérable mais qui dit « souviens-toi afin de te venger ! »

C’est le commandement d’Amalek « N’oublie pas ce qu’ils t’ont fait ».

Et Bergmann pensait que le procès jouerait dans ce registre de la tradition et viendrait renforçait des tendances à l’intérieur d’une tradition déjà complexe et ambivalent, qu’il n’aimait pas et pour de bonne raisons...

Il pensait que c’était un message éducatif erroné sur qui nous sommes en tant que peuple, sur ce qu’est le judaïsme et la façon de le mettre en pratique dans nos vies politiquement. »

Depuis il semblerait que ces forces sont toujours en conflit mais que la voix d’Amalek a pris singulièrement le dessus aujourd’hui chez les dirigeants d’Israël.

 

Patrice Leterrier

 

21 mai 2018

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